J’attendais d’avoir une illumination, ou du moins, quelque chose d’excitant à vous présenter avant d’écrire une autre page de ce feuilleton. Mais force est de constater que je dois y aller pas à pas, et que je ne saurais sauter les étapes. Je suis en apprentissage, de bien des façons. Il y a ce nouveau langage qui doit émaner du textile, ce nouveau champ d’exploration, ces choses que je tente de faire surgir. Mais du rêve à la réalité, des techniques à tester, à apprivoiser, à pratiquer.
Et il y a le processus de création, et les blocages qui vont avec. Et ce n’est pas nouveau dans mon cas. Le problème a plusieurs sources, entre autres le besoin que ce soit parfait, que les choses aient un sens, que l’expression soit révélatrice… et tout cela me fait figer.
Je me suis toujours intéressée au phénomène de la création. Et combien j’admire ces personnes qui nous chavirent par leurs œuvres, qui ont cette discipline de progresser vers leurs réalisations !
Mon ami René me parlait de ce livre d’Arthur Koestler, Le cri d’Archimède, que j’espérais lire (mais je m’éparpille). Dès les premières pages, on parle de « la démarche logique du processus créateur…elle consiste à découvrir des ressemblances ». En somme, savoir observer le monde autour de nous et y donner un sens ?
Et comment les frontières entre la science et l’art sont mouvantes, fluides.

Il faut être humble quand on apprend.
Test d’impression
Tel que promis, j’ai procédé avec des tests d’impression sur tissu. Il reste encore à recevoir les résultats en DTF sur le lin, mais j’ai fait la cueillette chez l’imprimeur des tests de sublimation sur la voile, la soie et la doublure . Les encres de sublimation nécessitent une fibre synthétique comme le polyester pour bien fonctionner, ce qui explique combien l’image est moins définie sur la soie. Ce qui n’écarte pas l’utilisation de cette matière pour autant.

La voile provient bien sûr de mon ancienne vie avec Ga-Oh (que j’ai vendu il y a 3 ans) cette petite compagnie que j’ai créée pour récupérer voiles de bateaux et kite-surf pour les transformer en sacs et accessoires.
La doublure et la soie proviennent de chutes de ma robe de mariée lorsqu’on en a fait le bord. Depuis le début de mon projet, je mijote de mettre les ciseaux dans cette masse de tissu, une forme de thérapie peut-être, certainement de recyclage, étant donné qu’elle ne servira plus de toute façon, et qu’elle représente une douloureuse période de ma vie lorsque la séparation survint moins de deux ans après les noces, quand les enfants avaient 5 et 7 ans.

Cours du samedi
J’ai débuté également mon cours en exploration textile. C’est un cours du samedi à l’UQÀM, cours qui est donné par une étudiante au doctorat. En fait, tous les cours du samedi sont donnés par des étudiants, et ce, depuis 40 ans, ce qui leur assure un certain revenu, et nous fait bénéficier de leur expertise.
Nous apprenons des techniques, échangeons nos bons coups (entre femmes, est-ce étonnant?) et explorons le travail d’artistes et artisans dans le domaine, un monde infini. Il y aura vernissage le 11 avril, avec les élèves des autres disciplines, ce qui me rend un peu nerveuse.
Nous avons commencé par la broderie. (Il faut que je me trouve, ou que j’invente un enfileur automatique, que de frustration lorsque vient le temps de passer le fil dans le chas de l’aiguille.) Mais quelle découverte que cette banque de points, tout expliqué avec historique, pas-à-pas, et vidéo, gracieuseté de la Royal School of Needlework.
Il y a eu ensuite le perlage, et la découverte de cette artiste qui s’inspire des boîtes de Petri pour ses motifs perlés. Alors qu’on a tendance à ne connaître que les trucs basiques, certaines techniques ne demandent qu’à sortir de leur tradition, de leur cadre habituel.
Il y a eu ensuite la courtepointe, l’appliqué, et le mola que je ne connaissais pas, pratiqué par le peuple autochtone du territoire autonome Guna Yala au Panama, et en Colombie. Habituellement porté telle une ceinture par les femmes, on en fait des œuvres murales également. Un savant découpage en abîme à travers une superposition de tissus avec des formes dont il faut ensuite repiquer les bords vers l’intérieur, ouf !

La prochaine fois, je vous parle de toutes ces techniques qui m’intéressent, de ces livres qui m’emballent, de mes inspirations, et de l’avancement de mes travaux, j’espère bien.






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