Les vacances…

Les vacances…

Long time no see…

On dirait bien que je suis tombée en mode vacances, alors que je passe deux mois sur le bord du Lac Lovering. L’idée était de profiter d’un lac, de l’été, et de temps loin de l’appartement pour me plonger encore plus dans mes petits projets personnels, mais la discipline manque toujours. Il faut dire que le beau temps s’est installé, que j’ai de la belle visite, que j’en profite pour randonner, pédaler et nager (mon petit triathlon à moi), et faire des visites culturelles autour. C’est beau l’Estrie !

Il y a aussi que je me suis embarquée dans le projet de démarrer un ciné-club à Granby, Ciné-Cantons, et c’est toujours plus exigeant qu’on pense. En espérant y réussir, ma ville manque cruellement de projections intéressantes. Moi qui m’étais promis de ne plus m’impliquer dans des projets citoyens…

Sinon la vue est magnifique, je suis bien installée, avec mon amie Sara Line.

Artisanat au féminin

Ces jours-ci, j’explore la technique du « hook rug ». J’ai découvert cette façon de faire lors de mon passage au musée Les Trois pignons à Chéticamp en Nouvelle-Écosse l’an passé. Il y a des dames là-bas qui ont poussé cet art au-delà des frontières, et on leur commandait des tapis qui étaient livrés dans des maisons cossues aux USA. Une entremetteuse avait flairé ce talent, et devait s’en mettre plein les poches. Mais les dames ont fini par s’organiser en coopérative pour profiter des retombées de leur travail. On y apprend également que Élizabeth LeFort faisait le portrait de personnalités connues avec cette technique. Je dirais que c’est impressionnant, mais je ne sais si j’accrocherais ces portraits dans mon salon…

Ma visite au Hook Rug Museum of North America, près d’Halifax m’a vraiment enchantée. Rassemblant une multitude de travaux aux styles vraiment différents, j’ai pu y voir du traditionnel, des pièces antiques, mais également des formes plus contemporaines qui m’ont charmée. Je m’y suis procuré un « kit », avec lequel je pratique actuellement la technique, assise, face au lac. J’ai dû me trouver ce cadre à broder pour tendre le tout. Lorsque j’aurai maîtrisé la chose, j’anticipe des trucs qui pourraient être parfaits pour mes projets personnels. Je sais, ça fait grand-mère, mais c’est bon parfois de se pencher sur un ouvrage sans trop réfléchir.

P.S. J’aimerais bien avoir le nom de la personne qui a fait ce chimpanzé. J’adore !

Comme beaucoup de formes d’artisanat chez les femmes d’une autre époque, on créait des objets utiles à partir de fibres usagées, ou de tissus défraichis (tapis, courtepointes, tissage, vêtements …) On en faisait également un passe-temps pour les longues journées d’hiver. Je trouve un peu regrettable que nous reprenions plusieurs de ces techniques en utilisant des tissus neufs. Je suis une fervente défenseure de l’économie circulaire. Mais si on utilise des fibres et tissus naturels, c’est au moins ça.

Il y a heureusement les Cercles des fermières qui pérennisent certaines traditions et techniques, et qui permettent aux femmes, surtout, de se rassembler autour de ces gestes que l’on répète: passer le fuseau, une autre maille sur l’aiguille, un point de croix après l’autre… Il y a l’utilitaire, mais certaines en font matière à créativité, un médium pour sous-tendre leur identité, exprimer ou simplement pour mettre de la beauté autour de soi.

Je viens d’ailleurs de me procurer un autre livre sur les arts textiles (suis en train de m’en faire une collection j’ai bien peur). Les arts textiles sont devenus une forme d’expression, on atteint des sommets, et ses inspirations sont multiples et réjouissantes. On traverse des frontières, on abat les conventions. Mais il y a également des ouvrages titanesques, comme la tapisserie de Bayeux, cet ouvrage du 11e siècle « Regarded as one of the world’s great artworks, the artifact is over 220 feet long and depicts events surrounding William the Conqueror’s invasion of Britain in 1066 » (qu’on a d’ailleurs déménagé à Londres dernièrement !)

Et que dire de Pénélope qui recommence son ouvrage chaque jour en attendant son Ulysse.

Parlant d’artisanat qui se préoccupe de récupération, le Sashiko était une forme de couture traditionnelle au Japon, qui remonte à plusieurs siècles, et dont on se servait pour rapiécer et renforcer les vêtements. Cette technique est maintenant devenue une forme de broderie reprise par plusieurs pour créer toutes sortes de pièces. Je m’y suis pratiquée en faisant des housses de coussin pour ma fille (cadeaux faits main pas trop difficile à expédier en Australie…) Il me prend des idées parfois de voyager pour aller apprendre ces techniques avec des artisans sur les lieux mêmes de leur origine. Au Japon, ce sont souvent des hommes qui sont devenus maîtres dans leur discipline.

Je suis tombée également sur un article aujourd’hui qui parlait des « folk school », un mouvement nord américain qui semble conquérir la génération des moins de 35 ans, qui s’intéresse à l’apprentissage des disciplines d’antan. C’est pas parce que c’est vieux que c’est pas bon !

Je vous abandonne et retourne à mes petits travaux.

Au plaisir !

2 réponses à “Les vacances…”

  1. Avatar de cooladf34e01971
    cooladf34e01971

    Se laisser porter par nos envies et motivations du moment, même pour la farniente et la contemplation, c’est bien aussi.

    C’est fou toutes les possibilités pour faire fleurir notre créativité. Merci de nous en présenter de nouvelles.☀️⛱️

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    1. Avatar de tessier231

      Merci Sara Line : )

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